Un fleuve en perpétuel mouvement Inondation à Bellegarde (30) © Ville de Bellegarde / Secours à des riverains inondés à Bellegarde (30) © Ville de Bellegarde

Un fleuve en perpétuel mouvement

Majestueux et fougueux, canalisé mais toujours indompté, le Rhône est un fleuve de paradoxes qui peut prendre des physionomies diverses selon son cours, mais aussi selon les saisons. La période de fonte des neiges tout comme d'importantes précipitations le conduisent ainsi à "divaguer" selon son bon vouloir, retrouvant son lit naturel pendant les quelques jours que dure la crue...

Les crues sont un phénomène naturel. Imprévisibles, elles sont provoquées par les pluies ou la fonte des neiges. Le débit du fleuve augmente alors fortement, jusqu’à ce qu’il déborde de son lit. Le Rhône connaît en général chaque année une crue moyenne et deux à trois crues faibles. Les zones inondées lors de la crue sont situées directement dans le lit majeur naturel du fleuve.
Le Rhône connaît quatre grands types de crues :

  • la crue océanique, provoquée par de fortes et longues pluies sur le bassin de la Saône, de L’Ain et des affluents préalpins ;
  • la crue de type cévenol, qui fait suite à des orages intenses mais de courte durée, localisés sur les Cévennes ;
  • la crue méditerranéenne résulte de précipitations sur les deux rives méridionales du fleuve ;
  • la crue généralisée enfin qui conjugue les différents types de crues précédentes et qui peut provoquer de véritables catastrophes naturelles.

L’endiguement et la canalisation du Rhône ont eu pour effet de limiter les inondations dues aux crues faibles. Lors de crues moyennes, certaines zones situées à proximité des berges du Vieux Rhône ou à l’aval de barrage peuvent être inondées. En cas de fortes crues, certaines digues déversoirs permettent de canaliser les eaux dans des zones agricoles ou périurbaines afin d’éviter l’inondation de secteurs plus peuplés.

Mais les digues se révèlent inefficaces lors des crues importantes. En coupant le fleuve de ses zones d’expansion des crues, elles contribuent à amplifier l’impact des inondations sur les territoires. Il apparaît de plus que la perte de la mémoire collective liée au risque inondation participe à accentuer les dégâts, avec notamment la construction d’habitations en zone inondable. Les fortes crues survenues dans les années 90 dans la région du haut Rhône, en 2000 en Suisse, et entre 1993 et 2003 dans la région du bas Rhône induisent ainsi des dégâts de l’ordre du milliard d’euros, voire des pertes en vies humaines (2003).

Dès lors on prend conscience de la nécessité de mettre en place une stratégie globale de prévention du risque inondation. C’est ainsi que l’un des volets du Plan Rhône (adopté en mars 2006) vise à concilier la prévention des inondations et les pressions d’un développement urbain et des activités humaines en zone inondable.

Les zones d’expansion des crues doivent être préservées et l’équilibre naturel des milieux dépendant des petites crues doit être sauvegardé. Ainsi, dans le double objectif de restauration des lônes et de réduction des risques d’inondation, un programme prévoit de détruire les épis Girardon, obstacles à l’écoulement dans certains secteurs, afin de redonner au fleuve une partie de sa capacité de remodelage de son cours.

En parallèle, on œuvre désormais à transmettre aux riverains une « culture du risque » afin de diminuer l’impact de l’événement sur les biens et les personnes, par des mesures de sensibilisation à destination de tous les publics. Il existe aussi un arsenal administratif (ex. Plan de prévention des risques inondations) qui recommande notamment de cartographier les zones inondables, de limiter voire d’interdire les constructions dans ces zones.

Voir aussi « Se protéger des crues ».

En savoir +

Carte de vigilance « crues »
http://www.vigicrues.ecologie.gouv.fr/

Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement
http://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/