Octobre 2000 : deux corrections n’ont pas suffi.
En octobre 2000, le Rhône inonde mille hectares dans la plaine, la situation aux abords de ses affluents est dramatique et des personnes vont perdre la vie dans les intempéries. Au total les dégâts d’octobre 2000 se chiffreront à près d’un demi-milliard de francs.
Il a beaucoup été investi dans la plaine depuis que l’on a commencé à corriger le fleuve. Les villes s’en sont rapprochées, des usines et des ateliers ont vu le jour, l’agriculture s’y est développée. Parce que les digues ont été surélevées lors des corrections précédentes (1ere correction en 1860-1890 ; 2e correction en 1930-1960), le niveau des eaux du fleuve se situe actuellement au-dessus du niveau de la plaine. Or ces digues sont aujourd’hui fragiles et la moitié d’entre elles peut céder sous la poussée des crues...
En chiffres, on estime que les dégâts potentiels que peut faire le Rhône dans la plaine se montent à 10 milliards, et que près de 14'000 hectares peuvent être inondés en cas de crues graves.
Une 3e correction du Rhône nécessaire.
Pour éviter de tels dommages, le Canton du Valais avait estimé, bien avant les crues d’octobre 2000, qu’une nouvelle correction du Rhône s’imposait. A nouveau justifiés par les événements, les travaux, prévus de la source du fleuve jusqu’au lac Léman, dureront une trentaine d’années et coûteront environ un milliard de francs.
L’idée de base de cette 3e correction est d’élargir le fleuve pour mieux évacuer les crues, partout où cela est possible. Là où l’espace manque, les digues seront renforcées et surélevées. Il est également possible que dans certains secteurs, le lit du fleuve soit abaissé. Toutes ces solutions sont actuellement à l’étude. C’est en 2006 que la solution générale sera arrêtée. Elle s’inscrira dans la perspective d’un développement durable de la plaine.
Les objectifs de la 3e correction du Rhône.
Augmenter la sécurité. Après son réaménagement, le Rhône n’occasionnera plus de dégâts en cas de crues semblables à celle d’octobre 2000. En cas de crues largement supérieures, des inondations seront inévitables mais les dégâts seront acceptables, car circonscrits dans des espaces définis.
Améliorer l’environnement. Aujourd’hui, la plaine du Rhône n’abrite plus que les vestiges de son ancienne biodiversité. La 3e correction prévoit un Rhône évoluant de manière plus naturelle. Cela favorisera la réapparition d’un écosystème riche et varié. La valeur paysagère sera, elle aussi, améliorée.
Améliorer l’attrait touristique. La 3e correction engendrera de nouveaux développements touristiques. Afin d’augmenter la valeur récréative des abords du fleuve, on prévoira des chemins, des espaces de détente et des activités liées au milieu ambiant, cela dans le respect de l’environnement.
Favoriser l’agriculture. La sécurisation de la plaine permettra aux surfaces agricoles d’être nettement moins touchées lors de graves crues. Les développements projetés permettront à la branche d’améliorer ses structures de production et de valoriser ses produits.
Maintenir l’attrait économique. Protéger les entreprises existantes des crues est une nécessité absolue pour la vie économique du canton. Sans la 3e correction du fleuve, les énormes investissements matériels réalisés en plaine risquent l’anéantissement. Les travaux projetés préserveront non seulement les biens actuels mais engendreront un attrait économique indispensable au développement de la plaine du Rhône.
Texte extrait du site internet www.vs.ch/rhone.vs