Perspective du quartier de la Guillotière réaménagé
© Xavier Depaule
Octobre 2005
Dans l’histoire des relations entre Lyon et le Rhône, il y avait jusqu’à présent UNE date marquante, plutôt funeste : les inondations de 1856, qui ont dévasté les quartiers de la rive gauche. Malgré tout, les liens avec le fleuve ont perduré (bateaux-lavoirs, transport…). Ce n’est qu’avec la montée en puissance du transport ferroviaire et surtout l’avènement du tout-automobile dans les années 50 que la ville et ses habitants se sont détournés du fleuve et ont voué ses berges aux parkings et aux voies rapides.
150 ans plus tard, les choses ont changé : le fleuve est canalisé, endigué ; la tendance est au retour à la nature, aux modes de déplacement doux. Le Grand Lyon a donc décidé de rendre les bas-ports (toujours rive gauche !) aux riverains. Grâce au programme Berges 2006, ce ne sont pas moins de 10 ha au c¦ur de la métropole qui sont dédiés aux piétons, cyclistes et adeptes du roller ! Soit une bande de terrain de 5 km de long qui s’étire du parc de la Tête d’Or au parc de Gerland. La largeur de la bande, quant à elle, est très variable : seulement 8-10 m de large au niveau du pont Pasteur et du parc de la Tête d’Or ; au maximum 70 m de large au niveau du pont de la Guillotière.
Les grandes étapes du chantier
- septembre 2005 à décembre 2006 : du pont Lafayette au pont de l’Université ;
- novembre 2005 à mars 2007 : du pont Lafayette au pont Morand et du pont de l’Université au pont Galliéni ;
- avril 2006 à novembre 2007 : du pont Morand au pont Churchill et du pont Galliéni au pont Pasteur.
Parmi les aménagements-phares, on peut citer les futures « terrasses de la Guillotière » qui vont remplacer l’actuel jardin en amont du pont. 40 arbres viendront ombrager cet espace panoramique sur le fleuve et la ville.
Cet exemple est significatif de la vocation de « poumon vert » attribuée aux berges du Rhône. En effet, plus de 350 arbres de 15 espèces différentes - sycomores, érables, aulnes, saules, peupliers, cèdres…- auront la rude tâche de faire oublier, l’espace d’une flânerie, la proximité de la ville et de son stress.
Outre les bas-ports, le fleuve lui-même fait l’objet d’aménagements pour accueillir au mieux les plaisanciers et mariniers. En effet, depuis février 2005, 60 ducs d’Albe sur les 73 prévus ont déjà été implantés, permettant aux 32 bateaux installés sur la rive gauche du Rhône d’être amarrés et de bénéficier d’un raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone (Ducs d’Albe : poteaux métalliques auxquels s’amarrent les embarcations). Ils assureront aussi une mise en lumière des promenades.
Si le résultat se montre à la hauteur des promesses, il faudra envisager d’enseigner aux petits Lyonnais une autre date incontournable dans l’histoire des relations entre Lyon et son fleuve… 2006 !