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Réduire les inondations : agir sur l'aléa


digue

Digue – © SYMADREM


Préserver et optimiser la gestion des Zones d’Expansion des Crues (ZEC)

La préservation des ZEC est essentielle : leur fonction hydraulique majeure d’écrêtement des crues permet d’atténuer les inondations à l’aval. Plus la capacité de rétention des zones d’expansion est grande, moins le risque est important à l’aval.
 
Pour préserver, voire optimiser le potentiel d’écrêtement des ZEC, il est essentiel de maîtriser l’urbanisation et les modes d’utilisation des zones inondables, afin de ne pas augmenter la vulnérabilité des personnes et des biens.
 
Actuellement, les ZEC sont mobilisées pour des gammes de crue très différentes. Elles sont débordantes à certains débits, selon les choix réalisés à l’époque des aménagements conduits par la Compagnie nationale du Rhône (CNR). Optimiser la gestion de telles zones consiste à étudier les modifications que l’on peut apporter au système actuel pour l’améliorer et obtenir des bénéfices.

L’optimisation de la gestion des ZEC vise un double objectif :
 - réduire la fréquence des inondations des ZEC (moins souvent, moins longtemps),
 - tout en protégeant mieux les zones très urbanisées pour les crues les plus fortes (les plus dommageables).
 
Pour chaque ZEC, la démarche envisage :
- d’évaluer les conditions de mobilisation optimales en fonction des enjeux locaux et des gains possibles pour l’écrêtement des fortes crues,
- de tester l’impact et l’efficacité cumulés de ces possibles modifications.
Cependant, le fait de relever les seuils de débordements conduit à aggraver à l’aval les crues intermédiaires qui ne seront plus débordantes à l’amont.
Pré-schéma du Rhône aval 

Coordonner les efforts faits sur les affluents

Beaucoup d’affluents sont concernés par des projets de prévention des inondations. Par conséquent, il est nécessaire de traiter les affluents dans une logique de bassin, en recherchant une coordination pour éviter des impacts négatifs sur les crues du Rhône : ne pas aggraver la situation, voire réduire le risque pour les populations riveraines du Rhône.

Diminuer la durée de submersion des terrains inondés
Tous les retours d’expérience montrent que le montant des dommages est étroitement dépendant de la durée de submersion. Le ressuyage des terres inondées consiste à organiser des opérations de vidange ou d’évacuation des eaux à la mer. Cette étape est importante dans la réduction des dommages causés par l’aléa.
 
Maintenir au lit mineur une capacité suffisante d’évacuation
Au fil du temps, des sédiments » se sont déposés en raison des évolutions climatiques, mais aussi des aménagements successifs du fleuve et de l’occupation humaine du bassin versant. Les sédiments ont notamment occasionné des colmatages, qui ont ainsi freiné la dynamique de charriage, pourtant utile aux fonctionnalités hydrauliques et écologiques du Rhône. L’objectif aujourd’hui est de réactiver cette dynamique fluviale par une gestion équilibrée sur le long terme.
 
Fiabiliser la protection par les digues
La rupture des digues est un événement brutal et catastrophique qui peut entraîner des pertes en vie humaine. Cette rupture peut être due à une mauvaise conception initiale, à un défaut d'entretien (ce fut l'origine des ruptures des digues de Camargue en 1993-1994) ou encore à un déversement par dessus la digue en l'absence de dispositif de renforcement spécifique (Aramon en 2002 ou brèches sur le petit Rhône en 2003).
La première urgence est de fiabiliser les ouvrages existants qui protègent les lieux densément habités. L'objectif visé est de sécuriser 50 % des digues intéressant la sécurité publique d'ici 2015, ce qui suppose de régler le cas des digues « orphelines ».
 
Ces différentes actions seront mises en œuvre par les structures de gestion locales, dans le cadre des schémas de gestion du risque élaborés à l'échelle des régions concernées par le linéaire fluvial. Elles porteront sur la création de digues de second rang, le rehaussement de certaines digues existantes, l'implantation de déversoirs de sécurité, l'élargissement du lit moyen...  Il est rappelé que ces actions de fiabilisation ne donneront pas lieu à une urbanisation nouvelle en dehors des espaces déjà occupés.

Les Zones d’Expansion des Crues (ZEC) :

Ces zones subissant des inondations naturelles correspondent à des secteurs non urbanisés, ou peu urbanisés et peu aménagés, où la crue peut stocker un volume d’eau important, comme les espaces naturels, les terres agricoles, les espaces verts urbains et périurbains, les terrains de sports, les parcs de stationnement, etc.
Dans le cadre de la stratégie globale de prévention des inondations du Rhône et de ses affluents, un recensement a permis d’identifier 14 ZEC à préserver.


Zone d’Expansion des Crues
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Zone d’Expansion des Crues – © DIREN Rhône-Alpes© DIREN Rhône-Alpes


breche
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Brêche à Beaumont, 1994 - © SYMADREM© SYMADREM

Les digues du Rhône

On peut noter l'importance des digues existantes le long du Rhône français :
· 1 000 km de digues pour une longueur totale du fleuve de 480 km. Les digues de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) représentent à elles seules une longueur de 570 km.
 
· Les 430 km restants sont gérés par des syndicats ou des communes de façon très hétérogène, un grand nombre de ces digues étant en mauvais état. Or, elles protègent près de 320 000 habitants, 4 500 entreprises et près de 850 km² de terres agricoles.


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