Echelle de crues – © Christophe Vercuysse Comprendre le phénomène inondation demande, pour en saisir les particularités, un détour par le passé. Ainsi l’aménagement du fleuve dès le 19e siècle, associé au développement économique et urbain de la vallée, n’a pas été sans répercussion sur la question du risque. La physionomie de la vallée a sensiblement été modifiée par les deux grandes phases de travaux du Rhône : les premiers aménagements conduits par l’ingénieur Girardon à la fin du 19e siècle, puis ceux réalisés par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) après la seconde guerre mondiale. L’endiguement et la canalisation de tronçons du Rhône ont permis de protéger les terres alluviales des crues faibles et moyennes. Ces espaces restent néanmoins soumis aux fortes crues. Sur les zones jadis régulièrement inondées, les activités humaines se sont étendues : infrastructures de transport, zones d’activités économiques, expansion urbaine, agriculture à forte valeur ajoutée (arboriculture, serre…), quand, autrefois, étaient privilégiées sur ces terres des cultures peu vulnérables aux crues (prairies, céréales).
La croyance d’une protection absolue... ou l’oubli du risque |
Le sentiment d’être dorénavant protégé par les aménagements associé à l’absence d’événement majeur durant de longues décennies a estompé la conscience du risque inondation. Reléguée dans les esprits à un passé révolu, elle s’est pourtant dramatiquement rappelée à tous, avec les inondations d’octobre 1993 et de janvier 1994. Occasionnant plus d’un milliard de francs de dommages, elles ont réveillé la mémoire du risque sur le Rhône et ses affluents, remettant en cause la croyance en un fleuve Rhône totalement dompté par l’homme. Les inondations de décembre 2003, par leur ampleur et les dégâts infligés, ont réellement mis l’accent sur l’urgence d’une véritable politique de prévention des inondations du Rhône et de ses affluents. |