Projet d'aqueduc entre Nimes et Barcelone © www.rivernet.org La Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars de chaque année, avait pour thème en 2007 « Faire face à la pénurie d’eau ». L’objectif était de pointer l'importance croissante de ce problème dans le monde et la nécessité d’assurer une gestion durable, efficace et équitable de ressources hydriques rares, que ce soit localement ou à l’échelle internationale. Le contexte de grande sécheresse auquel est actuellement confrontée la Catalogne illustre parfaitement ces questions de l’accès et du partage de la ressource en eau. Mais doit-on aller jusqu’à détourner de l’eau d’un fleuve, le Rhône en l’occurrence, pour approvisionner une région en eau, même s’il s’agit de « seulement » 0,9% de son débit annuel* ? En réalité, un transvasement existe déjà entre l’Ebre et la ville de Tarragone, et il est prévu qu’il soit prolongé : ainsi, un tube de 62 km acheminera 5000 m3 d’eau provenant d’un excédent dans le delta de l’Ebre. Insuffisant pour faire face aux besoins des 7 millions de Catalans, dont 60% sont concentrés dans l’aire métropolitaine de Barcelone... C’est pour cette raison qu’en pleine période d’élections en Espagne, le parti politique CiU « Convergence et Union » relance le débat sur la construction d’un aqueduc : cet ouvrage de 320 km de long permettrait d’acheminer l’eau du Rhône depuis les environs de Nîmes jusqu’aux portes de Barcelone pour satisfaire les besoins en consommation, industrie et tourisme. Au-delà des considérations sociales, il y a aussi bien sûr des enjeux politiques que nous n’aborderons pas ici. Si les partisans du projet invoquent la solidarité européenne et la rentabilisation d’une « ressource surabondante », les opposants soulignent notamment la nécessité d’économiser une ressource de plus en plus rare, le risque de déséquilibre écologique et les investissements déjà réalisés dans la construction d’usine de désalinisation de l’eau de mer. D’un point de vue technique, la compagnie française Bas Rhône et Languedoc (BRL) a estimé que le projet serait réalisable moyennant un coût de 6 à 10 milliard d’euros. * il s’agirait de prélever 1.300.000 m3 par jour sur un débit moyen quotidien de 147.000.000 m3 Sources : article de René Raffin (Progrès du 20/04/08), site www.worldwaterday07.org et www.maisondelacatalogne.com
Réagissez à notre article sur le blog ! |