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Comment mieux sensibiliser au risque inondation ? Retour d’expérience sur 4 sites pilotes.
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Comment mieux sensibiliser au risque inondation ?
Retour d’expérience sur 4 sites pilotes.

Les riverains qui vivent en amont de Lyon, en moyenne vallée ou près du delta, ont des relations au fleuve qui diffèrent sensiblement. Alors que les premiers entretiennent une grande familiarité avec un Rhône aux crues lentes et peu violentes, les seconds craignent plus les débordements des affluents que ceux du fleuve, pourtant considéré par les derniers comme une menace permanente.

C’est en raison de cette disparité de profils que les sites de Yenne (Savoie), Vienne (Isère), Aramon (Gard) et Boulbon (Bouches-du-Rhône) ont été retenus pour expérimenter une « démarche de sensibilisation concertée et territorialisée » - inscrite dans le Plan Rhône.
Derrière cette dénomination complexe se dessine une volonté d’impliquer des partenaires publics et privés - à l’échelle d’un territoire donné - dans la prévention du risque d’inondation.

En effet, qui d’autre que des acteurs institutionnels, économiques et associatifs, familiers à la fois d’un territoire et de ses habitants, serait plus à même de réfléchir à des dispositifs de prévention ? qui bénéficierait de la même crédibilité auprès de la population ?
Les réunions organisées en juin et juillet sur les 4 sites pilotes ont encore souligné, s’il le fallait, la pertinence de cette approche territoriale qui privilégie les retours d’expérience à l’habituelle transmission d’information (des autorités vers les populations).



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Carte des zones à risques

Yenne – La Balme - Lucey
Le rapport au fleuve : la dernière crue forte a eu lieu en 1990. Les habitants et les touristes entretiennent une grande familiarité avec ce « vieux Rhône » (non canalisé) où se pratiquent de nombreuses activités sportives et de loisir.
Les questions soulevées : face à la faible occurrence des inondations, on perd peu à peu la mémoire du risque. Comment la raviver et transmettre formellement l’expérience acquise sur le terrain (repères des débits et hauteurs d’eau par ex) avant qu’elle ne s’étiole ?
Avec le développement des activités nautiques, comment s’assurer que les pratiquants connaissent le risque encouru ? Et comment informer les habitants sur les conséquences à long terme d’une inondation ?

Vienne - St Romain en Gal – Ste Colombe
Le rapport au fleuve : il n’y a pas eu de débordement direct sur la rive gauche (Vienne) depuis 1957. Longtemps coupée du fleuve par les voies rapides sur berge, Vienne l’investit à nouveau avec une fête du Rhône annuelle, l’implantation d’une halte fluviale et de pontons qui accueillent plaisanciers et croisiéristes...
Les questions soulevées :comment raviver la mémoire du risque chez les riverains qui ont tendance à se croire protégés par les aménagements ?
A contrario, les riverains des affluents comme la Sévenne et la Gère se sentent démunis face à la recrudescence des crues torrentielles, dont la rapidité déconcerte les secours. Comment leur démontrer que le problème des inondations est pris au sérieux par les autorités et qu’elles s’organisent pour y faire face ?
Les Plans Communaux de Sauvegarde ne prennent pas en compte le bassin de vie, alors que les déplacements des habitants dépassent le cadre communal et posent des problèmes décisionnels lors de la gestion d’une crise. Quel dispositif global adopter pour prendre en compte ces données ?  
Comment impliquer les établissements scolaires dans la diffusion d’une mémoire des inondations et d’une culture du fleuve ?

Aramon - Comps
Le rapport au fleuve :secteur fortement touché par les crues – car situé à la confluence du Rhône et du Gardon -, le fleuve y est considéré comme une menace.
Les questions soulevées :la multiplicité des sources d’information (mairie, préfecture, académie scolaire) ajoute à la confusion pour gérer la crise, notamment dans les établissements scolaires et les entreprises. Comment articuler les messages d’alerte diffusés par les différentes autorités ?
La parole des experts est jugée trop technique par les habitants, et peut susciter la méfiance si elle paraît relayer les seuls intérêts de l’Etat ou de la CNR. Quels seraient les acteurs locaux légitimes pour relayer la parole des experts auprès de la population, et aider les entreprises et les établissements scolaires dans la prise en compte du risque en interne ? Plus largement, comment prendre de la distance par rapport à la vision négative du fleuve, et replacer le thème du risque dans un discours global sur les relations hommes-fleuve ?  

Boulbon- St Pierre de Mézoargues – Vallabrègues – Tarascon Nord
Le rapport au fleuve :il s’agit d’une échelle territoriale pertinente pour parler des inondations car ces communes font partie d’une Zone d’Expansion des Crues, bien identifiée en tant que telle par les habitants et les acteurs locaux.
Les questions soulevées :la ZEC est « à cheval » sur deux départements, d’où des différences de gestion de crise (ex. messages d’alerte) et de ses conséquences (ex. indemnisation plus ou moins importante). Ne serait-il pas plus pertinent de développer une vision d’ensemble de l’urbanisation et de la gestion de la ZEC ?
Le système de prévision Vigicrue permet de connaître les débits mais pas les hauteurs d’eau, alors que ces mesures sont plus « parlantes » à la population et plus fiables scientifiquement. Comment accompagner au mieux les populations dans la prise en compte concrète du risque ?



Ces pistes de réflexion seront approfondies en octobre-novembre, lors des prochaines réunions des groupes de travail des 4 secteurs.
  


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