© Département de la Charente-Maritime
Il existe plusieurs espèces d’alose, mais seule l’alose feinte est présente dans le Rhône. Au début du XXème siècle, l’alose remontait le Rhône jusqu’au lac du Bourget et certains de ses grands affluents (Saône, Isère, Ardèche, Gard). À cette occasion elle était pêchée par les riverains, notamment à l’aide des « vire-vire » dont les cartes postales anciennes portent le témoignage. Ce dispositif de pêche consistait en deux grands paniers pivotant autour d’un axe et montés sur une barque ; entraînés par le courrant ils plongeaient tour à tour au cœur des bancs d’aloses au cours de leur migration et les poissons ainsi capturés tombaient directement dans la barque. De la sorte, la pêche pouvait être assurée sans la présence du pêcheur, à condition bien sûr que nul ne vienne « visiter » le vire-vire en son absence !
Cette espèce migratrice s’est trouvée confrontée, comme d’autres, aux obstacles constitués par les barrages. Si les individus de grande taille peuvent parcourir des centaines de kilomètres pour atteindre leurs zones de reproduction, leur migration et reproduction dépendent également fortement de la température de l’eau.
Cette espèce présente un intérêt en tant qu’indicateur de la qualité physique et biologique du bassin fluvial. Considérée comme vulnérable, elle bénéficie de plusieurs programmes dont le Plan « Migrateurs Rhône-Méditerranée » coordonné par l’association Migrateurs Rhône-Méditerranée. Afin d’assurer le maintien de sa population, il consiste à réaliser des passes à poissons pour minimiser l’impact des ouvrages (chutes de Vallabrègues, Avignon et Caderousse, par exemple) et étendre l’aire de reproduction de l’alose. Grâce à ce programme l’alose a aujourd’hui rejoint certaines de ses frayères sur la Cèze et l’Ardèche.