À la fin du XIXème siècle, un nouveau rôle se dessine pour le fleuve : la navigation n’est plus l’unique mission que le Rhône peut servir, on envisage de l’utiliser aussi pour l’irrigation et la production électrique. Les précurseurs de cette dernière idée, deux Américains, édifient, en 1874, un barrage à l’amont de Bellegarde (Ain) afin d’alimenter en énergie les usines de la ville.
Dès lors, le Rhône se présente comme le moteur économique de la vallée et plus largement de tout le Sud-Est selon trois axes : l'irrigation,la navigation et l'hydroélectricité.
Néanmoins, la réalisation simultanée de ces trois points s’avère techniquement complexe :
comment concilier un chenal régulier à faible courant pour la navigation avec la production électrique qui nécessite un grand volume d’eau rapide et l’irrigation qui puise dans la ressource ?
Pour les uns, seul un canal latéral et des barrages sur le fleuve sont possibles tandis que d’autres imaginent une succession de barrages transformant le Rhône en une série de plans d’eau. Finalement, c’est la solution de l’usine écluse implantée sur une dérivation du fleuve, sur le modèle de ce qui a été réalisé dès 1896 par les Forces Motrices du Rhône à Cusset (Rhône) qui est retenue par l’État, quand en 1918, il décide de réaliser les aménagements tant attendus par les Rhodaniens qui régulariseront le cours du Rhône.
Le programme établi pour ces travaux donne naissance trois ans plus tard à la « loi d’aménagement du Rhône » qui concède pour 99 ans à une société anonyme constituée par les futurs usagers, sa concrétisation : la Compagnie Nationale du Rhône, officiellement créée en 1933.
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. La Compagnie Nationale du Rhône