En l’absence d’un chenal navigable régulier et face à un fleuve puissant et « capricieux », la batellerie rhodanienne s’adapte et innove pour parvenir à se développer. Ainsi, certains bateaux sont caractéristiques de cette vallée fluviale : les « anguilles » et les « grappins ».
Les premiers construits en tôle mince sont appelés anguilles car leur coque très flexible donne l’impression qu’ils serpentent sur le fleuve.
Ce sont de gros porteurs qui, pour résoudre le problème d’un tirant d’eau faible (profondeur insuffisante), ont une portance sur l’eau bien plus étendue (allongement de la longueur du bateau).
Ainsi, le Méditerranée ne peut faire demi-tour qu’à Lyon et Arles en raison de sa taille (157 m). Certains d’entre eux sont utilisés jusqu’en 1913.
Quant aux seconds, les grappins, il s’agit de bateaux qui, en quelque sorte, tantôt roulent, tantôt flottent ! Inventé par deux ingénieurs de Rive de Gier (Loire), les frères Verpilleux, ce type de remorqueur est muni de deux roues à aubes et d’une roue crantée. Cette dernière s’accroche sur le fond tant qu’il est suffisant, lorsqu’il descend, les deux premières entrent en action et le bateau avance en déroulant le câble le reliant aux barques qu’il tire.
Arrivé à un point où il retrouve le contact avec le lit du fleuve, il s’amarre et rembobine le câble de traction pour ensuite poursuivre sa route à l’aide de son « grappin ». Ces bateaux à vapeur sont utilisés jusqu’en 1892, année où le système de remorquage par toueur à relais les remplace ainsi que les porteurs.
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1. Anguilles et grappins
2. Le touage