Contrairement à la Saône, mais aussi parce que l’archéologie s’est jusqu’ici peu intéressée aux fleuves, le Rhône n’a suscité que peu de fouilles, notamment au cœur de son lit. Nombre de découvertes sont fortuites, réalisées à l’occasion de campagnes de dragage par exemple.
Évoquons ainsi, à Lyon, la statue de Neptune sortie des eaux en 1854 lors de la construction du pont Morand et, plus récemment, un bateau d’époque romaine (IIè siècle) révélé lors du chantier du parking de la place Tolozan. Il arrive parfois que le fleuve lui-même découvre des vestiges : en 1938, des basses eaux exceptionnelles font apparaître à Vienne, en rive droite du Rhône, des pilotis en bois laissant supposer l’existence d’un pont romain.
Les chantiers et les campagnes de fouilles dans le lit du fleuve actuel ou ancien sont rares : hormis celles d’Arles ayant révélé un patrimoine exceptionnel (vestiges d’un pont, amphores, etc.), on ne peut mentionner que celles entreprises avant la construction des barrages de Seyssel, sur le Haut Rhône, qui avaient permis de repérer une agglomération gallo-romaine. Mais ce site a été remblayé depuis, de même que celui de Chance-sur-Léman daté de l’âge du bronze.
Citons encore les fouilles conduites en 2003 à l’emplacement du pont Sablet sur la Saône qui ont permis de retrouver, notamment, une embarcation du XVIIè siècle.
Ainsi, Saint-Romain-en-Gal et Larina (Hyères-sur-Amby) font partie des rares lieux de la Moyenne Vallée du Rhône témoignant de la vie au bord du Rhône dans les temps les plus reculés.
L’archéologie fluviale rhodanienne reste un parent pauvre, alors que ses enseignements nous fourniraient de précieux éléments d’appréciation sur ce fleuve et ses activités depuis que l’homme le fréquente.