L’époque précise à laquelle les bacs sont apparus nous est inconnue, mais il est certain qu’il existe des systèmes pour franchir le fleuve depuis l’Antiquité, la traversée du Rhône ayant toujours constitué un enjeu, qu’il soit économique, politique ou social. Les bacs sont des bateaux plats disposés en divers points du fleuve et pouvant contenir une trentaine de personnes.
Les premières techniques utilisent simplement les rames ou les perches pour diriger l’embarcation. Le bac est alors dit « libre » : le passeur doit prévoir sa trajectoire et partir en amont du point de débarquement de manière à utiliser la force du courant et donc à minimiser ses efforts.
Grâce à l’invention de la « traille pendulaire », le travail du conducteur est simplifié. Ce système emploie le principe de la captation d’énergie. Le bac est retenu par une corde (la « traille ») ancrée en amont, au milieu du fleuve et soutenue par des flotteurs. Grâce au courant et par l’action du gouvernail, la barque dérive d’un bord à l’autre en dessinant un arc de cercle autour du point d’amarrage.
Le procédé utilisé ensuite, la « traille traversière », reprend cette technique en l’améliorant : de part et d’autre du fleuve, deux tours de hauteur suffisante pour laisser passer les bateaux sont reliées par un câble. Sur ce dernier, un système de poulies permet la fixation et le déplacement du bac par le biais d’un deuxième câble. La traversée est alors plus sécurisée, rapide et linéaire.
Des vestiges témoins de cette technique existent encore en certains lieux. On peut citer : la tour de la traille à Grigny (Rhône), la pile de l’ancien bac à Champagne (Ardèche) classée à l’automne 2006 par le Ministère de la Culture, la traille de Vernaison (Rhône) qui a été restaurée. Ajoutons qu’une reproduction à 70% du bac a traille de Vernaison a été installée en rive gauche du fleuve, et inaugurée en mai 2006.
Ce mode de franchissement du fleuve a peu à peu disparu suite à la construction de nombreux ponts.