Tour à tour outil de pêche, moyen de locomotion et de transport de marchandises pour les riverains, instrument de travail des premiers passeurs…, la barque est le témoin le plus intemporel du fleuve, de ses pratiques et surtout de ses liens avec la population qui vit sur ses rives.
En effet, il s’agit du plus primaire et du plus utilisé des moyens de transport existant sur le Rhône. Facile à fabriquer et à la portée de la majorité des riverains, la barque rend d’innombrables services notamment quand le fleuve en colère déborde de son lit et s’invite dans les rues des villes et villages obligeant les habitants à voguer plutôt qu’à marcher.
Ainsi, elle est l’outil de travail des premiers passeurs qui font traverser hommes et bêtes à l’aide du courant et de la rame mais aussi des pêcheurs et des pirates du Rhône qui se rendent ainsi sur les îles et dans les lônes afin de capturer friture, brochet et autres poissons.
Les barques sont d’aspects variés et répondent à de nombreux noms : barcot, bêche, plate, ratamare…
Historiquement construite en bois par les charpentiers de Seyssel, Arles, Condrieu…, elle disparaît progressivement au profit du plastique, le moteur remplaçant la rame. Seuls quelques fabricants prolongent encore cette activité aujourd’hui.
Des barques gallo-romaines
Lors de fouilles archéologiques conduites sur le chantier de construction du parc de stationnement Saint-Georges à Lyon en 2003, six embarcations antiques ont été découvertes. Elles datent du Ier et IIème siècle après J.C et constituent un des rares témoignages de la batellerie fluviale de l’époque romaine. Longues de 15 mètres sur trois à quatre mètres de large, elles vont permettre de mieux connaître l’histoire de la charpenterie fluviale antique et l’activité des nautes sur le Rhône et la Saône.