Les carrières façonnent les paysages qui bordent le Rhône.
Plusieurs raisons expliquent l’implantation de ces activités d’extraction le long du fleuve. Les granulats, petits morceaux de roches destinés à réaliser des ouvrages de génie civil et de bâtiment, peuvent être obtenus soit en exploitant les alluvions non consolidées, de type sable et graviers des rivières, soit par broyage de roches massives telles que le granite ou le calcaire. Les abords immédiats du Rhône se composent d’alluvions idéales pour l’implantation de carrières et les roches environnantes, majoritairement calcaire, peuvent être utilisées comme gisements près desquels s’installent les aménagements d’extraction. Le fleuve en tant que moyen de transport de ces matériaux lourds vient parachever ce cocktail idéal pour l’essor de l’industrie extractive.
Cette dernière représente un pan important de l’économie qui gravite autour du fleuve puisque les départements du Rhône, de l’Ain, de l’Isère, de la Drôme, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et de la Haute-Savoie produisent chacun entre 2 et 6 millions de tonnes de granulats alluvionnaires ce qui les place au premier rang national (source Schéma Départemental des carrières de la Haute-Savoie, octobre 2003). Cependant, l’impact des extractions peut avoir des conséquences dramatiques sur les milieux aquatiques et les zones humides (pollution de l’eau, déstabilisation des berges…).
C’est pourquoi la création de nouveaux sites et le fonctionnement des anciens sont extrêmement réglementés et surveillés.