Les premiers à décider de substituer le fer au bois dans la construction de leurs bateaux « Crocodile » et « Marsouin » sont les frères Bonnardel, deux Lyonnais descendant d’une vieille famille de mariniers de Condrieu. Ce changement a pour résultat d’alléger les coques et donc de permettre des chargements plus lourds. Les années suivantes, ils font construire d’autres bateaux à coque métallique dans des ateliers de Châlon-sur-Saône et du Creusot (usine Schneider).
C’est donc à partir de 1833 et avec l’arrivée des vapeurs que les premiers navires de fer apparaissent sur le Rhône. Les frères Bonnardel sont rapidement imités par d’autres constructeurs qui implantent successivement de nouveaux chantiers de construction fluviale sur les rives du Rhône à Perrache et à la Guillotière mais également sur la Saône à Vaise.
Ces chantiers travaillent avec de nombreuses petites entreprises locales, souvent artisanales qui leur fournissent les chaudières à vapeur et autres éléments mécaniques des bâtiments. Des liens étroits se tissent ainsi entre charpentiers, chaudronniers et mécaniciens durant ces années de rapide expansion de la navigation à vapeur.
Les bateaux mouches sont lyonnais !
Les bateaux mouches que l’on rencontre sur la Seine à Paris ont une origine lyonnaise. En effet, à la fin du XIXème siècle, Michel Félizat installe son chantier de construction navale au sud de Lyon, dans le quartier de la Mouche à Gerland. Ses premiers bateaux à coques métalliques, à hélices et à vapeur équipent la Compagnie des Bateaux Omnibus de Lyon qui assure la ligne La Mulatière-Vaise avec de nombreux arrêts à des pontons le long du fleuve. Ils sont baptisés “ Mouche 1 ”, “ Mouche 2 ” etc… en référence au quartier où ils sont construits. Les responsables parisiens de l’Exposition Universelle de 1867 envisageant de faire transiter une partie des visiteurs par la Seine lancent alors un concours que le chantier Félizat, associé à d’autres partenaires lyonnais, remporte. Trente “ Mouche ” sont ainsi livrées à la capitale dans un temps record, acheminées par la Saône, le canal de Bourgogne, l’Yonne et la Marne. Ce type de bateaux est particulièrement adapté au transport fluvial quotidien des habitants des grandes villes.
Aujourd’hui, plusieurs expériences sont menées à Bordeaux, Nantes, Avignon,…pour donner au transport fluvial quotidien une place dans les déplacements urbains et répondre aux enjeux qui lui sont associés. Un projet est à l’étude sur le Rhône, avec une navette fluviale entre Lyon et Vienne dans le cadre du Contrat de développement de Pays Rhône-P.L.U.R.I.E.L.