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Le couloir de la chimie

Connu de tous, le couloir de la chimie sert de décor à la sortie sud de l’agglomération lyonnaise. Sur une dizaine de kilomètres, se succèdent les établissements de l’industrie chimique et pétrochimique : Atofina, Ciba, Rhodia, la raffinerie de Feyzin…

Dans ces zones marécageuses alors à l’écart de tout s’implante en 1871 une des premières usines chimiques françaises, la Société Chimique des Usines du Rhône. Après la teinture pour la soierie, elle se diversifie vers la pharmacie industrielle (dont l’aspirine), l’industrie photographique pour l’usine Lumière et le textile artificiel. En 1928, elle fusionne avec les entreprises Poulenc Frères : Rhône Poulenc est né. La raffinerie de Feyzin est mise en service par la société Elf en 1964. L’aménagement hydroélectrique de Pierre-Bénite par la CNR en 1967 participe à l’extension de cette zone industrielle avec la création de 500 ha artificiels, grâce à l’utilisation des remblais,  permettant la réalisation d’une gare de triage SNCF, le passage de l’autoroute A7, et la construction de collecteurs d’assainissement de l’agglomération lyonnaise.

Progressivement pourtant, les usines se trouvent encerclées par l’urbanisation galopante, la construction de l’autoroute et l’intensification du trafic ferroviaire…

Jusqu’au drame de Feyzin en 1966 (18 morts, 80 blessés), qui fait prendre conscience à tous des risques industriels.

Depuis, il n’est plus possible de construire ou d’étendre des habitations dans les zones les plus proches du site, potentiellement dangereuses, mais les maisons existantes subsistent : près de 400 000 personnes vivent dans le périmètre du couloir de la chimie.
 
Aujourd’hui on compte plus de 15.000 salariés dans le secteur de la chimie à Lyon dans des établissements ou groupes mondiaux comme Rhodia, Air Liquide, Ciba spécialités chimiques, etc… Dans la zone sud-est du Grand Lyon, incluant Feyzin, quatre branches d’activité sont fortement présentes : le raffinage de pétrole, l’industrie chimique minérale, la fabrication d’équipements automobiles, les activités de recherche & développement.


Sécurité : "Engagement de Progrès"

Les industriels ont signé en parallèle un « Engagement de Progrès » « pour progresser en terme de sécurité, de santé et d’environnement ».

Environ 300 millions d’euros sont engagés chaque année dans cette optique par les entreprises régionales.

Outre l’acquisition de nouveaux matériels et la sécurisation des équipements, leurs efforts portent notamment sur les fumées, les odeurs, le bruit, l’aspect des usines et les rejets directs au fleuve.