La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) est créée en 1933 suite à la loi de 1921 afin d’assurer la concession (pour 99 ans) de l’aménagement du Rhône selon les trois priorités de navigation, d’irrigation et de production électrique prévus par ce texte.
Ses premières réalisations sont le port Edouard Herriot à Lyon - conçu comme le port méditerranéen de la ville et le port fluvial de Marseille - puis le barrage de Génissiat sur le Haut-Rhône achevé en 1946.
L’un des plus important équipement réalisé par la CNR est le barrage de Donzère Mondragon. Cet ouvrage d’envergure pose le principe d’aménagement de l’ensemble de la vallée du Rhône : un barrage de retenue associé à un canal de dérivation parallèle sur lequel une usine-écluse est installée. Les parties en aval des barrages sont appelées Rhône « court-circuité » ou « vieux Rhône » et n’accueillent plus que 10% du débit du fleuve tandis que les 90% restants sont détournés dans le canal permettant la navigation et la production d’électricité.
Ainsi, après Donzère Mondragon, c’est le bas Rhône qui subit de fortes transformations : cinq complexes similaires sont créés entre 1952 et 1968. Cette partie du fleuve est justement choisie parce qu’elle bénéficie des meilleures chutes du Rhône et parce qu’elle permet de s’attaquer aux principaux obstacles à la navigation. Les derniers aménagements concernent le haut Rhône français avec les ouvrages de Bregnier-Cordon et de Sault-Brenaz, respectivement mis en service en 1984 et 1986. Ainsi, la production moyenne de la CNR à partir de ses barrages sur le Rhône est de seize milliards de kilowatts heures par an soit un quart de l’hydroélectricité française.
Depuis avril 2001, la CNR, gestionnaire de dix-huit aménagements hydroélectriques entre la Suisse et la mer, commercialise directement sa production d’énergie sur le marché européen dans le cadre de l’ouverture à la concurrence de l’entreprise publique EDF.
En juin 2003, le nouveau cahier des charges de la Compagnie Nationale du Rhône, concessionnaire jusqu’en 2023, a confirmé ses missions historiques et défini un schéma directeur de Missions d’Intérêt Général (M.I.G), confortant son engagement en faveur de l’environnement et du développement durable. Un premier programme pluriannuel porte sur la période 2004-2008. Quatre domaines d’activité sont particulièrement concernés dans ce premier plan : la navigation et le développement de la voie navigable, la production d’énergie renouvelable, l’environnement avec la restauration et la gestion des milieux naturels de la concession, enfin l’accompagnement des initiatives locales et régionales.