De nombreuses usines de textile jalonnent le cours du Rhône. L’eau représente en effet un élément indispensable pour cette industrie et en particulier pour l’étape de transformation qui concerne la teinture.
Le procédé de teinture se divise en trois opérations :
le lavage des tissus, la teinture, où l’eau sert de diluant, et le rinçage. L’eau intervient dans chacune de ces actions. Le Rhône se présente donc comme un site idéal d’implantation pour des teintureries car il offre la qualité et la quantité d’eau nécessaires à ces activités et produit l’énergie hydraulique, indispensable au fonctionnement des usines. L’eau, trésor pour les teintureries, joue également le rôle de moteur d’innovation pour ces industries. Soumis à des réglementations environnementales plus strictes, les industriels ont pris conscience de la nécessité de mieux gérer leur consommation d’eau. Aussi cherchent-ils à améliorer les procédés de teinturerie au moyen de nouvelles méthodes moins dépensières d’eau telles que la réutilisation des bains ou la régulation des rinçages.
La fabrication de la chaux est une autre facette des activités industrielles que génère le Rhône dans son sillage, en témoignent les nombreux toponymes suisses et français composés de « chaux » qui ponctuent son cours. Les abords du fleuve constituent un milieu riche en calcaire, matière première à partir de laquelle est produite la chaux. Quant au Rhône, il fournit l’eau utilisée pour la refroidir et servait également au XIXème siècle d’itinéraire pour son transport.
Cette production a un impact sur son environnement et sculpte le paysage. Ainsi ont fleuri les fours à chaux, antres de création de ce produit. Toute production de chaux peut se définir comme une calcination de roches calcaires au moyen d’un combustible.
Dans l’Antiquité, la calcination se pratiquait à l’air libre, puis les fours de forme conique ont fait leur apparition. Ils se chargent par le haut en alternant couche de combustible et couche de calcaire. À mesure que le combustible se dévore et que la chaux se retire par le bas, on ajoute de nouvelles couches successives. Le bois initialement utilisé comme combustible a été remplacé au milieu du XIXème siècle par le charbon.