Interview de François Morel et Céline Martens, Mardi 26 Juillet 2011 ©MDFR

François Morel et Céline Martens

les deux instituteurs

26/07/2011
  • Ils ont dit

Les 21, 22 et 23 juin derniers, deux classes de CM2 de l’école le Petit Prince de Mornant (69) se sont élancées sur le tronçon ViaRhôna entre Loire-sur-Rhône (69) et St Pierre de Boeuf (42). « Plus qu’une sortie de classe annuelle, c’est une aventure humaine qui mêle sport, patrimoine et culture que nous avons proposé à nos élèves et à leurs parents » précisent François Morel et Céline Martens, les deux instituteurs. Interview faite le 1er jour, à la Maison du fleuve Rhône, où le groupe a fait escale...

Partir trois jours à bicyclette sur la ViaRhôna avec deux classes d’enfants de 10 ans, peu d’instituteurs tenteraient l’aventure ! Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de le faire ?

Notre école et notre commune de Mornant accordent beaucoup d’importance à l’éducation à l’environnement et au développement durable : nous avons mis en place un Pédibus par exemple, et cela fait dix ans que je fais des sorties vélo avec mes élèves. Le déplacement doux est une habitude chez nous !

Comment avez-vous préparé cette excursion ? Entre matériel, hébergement, logistique et surtout encadrement, la tâche n’est pas simple. Sans compter qu’il fallait convaincre les parents de laisser les enfants pédaler sur une route où le trafic routier est important...

Effectivement, il y a pas mal de choses à prévoir mais la préparation s’est étalée tout au long de l’année. Pour l’aspect budgétaire, il faut préciser qu’il s’agit d’une sortie autogérée grâce par exemple à des ventes de gâteaux confectionnés par les enfants et plusieurs actions de ce type. Pour le matériel, soit les enfants avaient déjà un vélo, soit les parents en ont acheté un en prévision de la sortie. Quant à convaincre les parents, d’une part ils sont habitués à ce que l’école propose des sorties vélo, d’autre part il faut préciser qu’ils sont une trentaine à nous accompagner tout au long de la sortie, soit comme encadrants à vélo, soit comme encadrants le soir et la nuit en camping. Ils ne sont donc pas bien loin ! Enfin, à propos de la sécurité, nous avons agi sous différents angles sur plusieurs semaines en amont de la sortie : les enfants ont appris à effectuer de petites réparations courantes sur un vélo, les parents ont été formés à l’encadrement par un Conseiller pédagogique de circonscription, et tout ce petit monde a participé à des sorties de préparation à la journée ou à la demi-journée pour apprendre à pédaler en file indienne sur une route fréquentée par les voitures et les camions. Cela nous a permis en outre de créer des groupes de niveaux homogènes.

Avez-vous rencontré une ou des difficultés particulières lors de la préparation ?

Il nous a fallu trouver le moyen pour qu’une de nos élèves, dont l’handicap l’empêche de pédaler, puisse nous suivre dans l’aventure. Après quelques tâtonnements, un parent d’élève a trouvé la solution : un vieux tandem a été retapé, et ainsi bien installée sur son siège derrière un parent, l’élève participe à la sortie vélo comme les autres. de totue façon, il était hors de question qu’elle ne vienne pas avec nous.

Est-ce que la préparation à cette sortie vélo a été intégrée dans le programme scolaire ?

Oui, puisqu’en mathématiques nous avons estimé les kilomètres parcourus, appris à lire une carte, travaillé les échelles ou encore appliqué la règle de trois pour l’achat du matériel nécessaire. En français, les élèves ont appris à rédiger un courrier à une mairie pour demander l’autorisation d’hébergement. Cela donne du sens aux apprentissages, notamment pour des élèves qui ont parfois du mal à apprendre de manière plus « classique ». L’étude de cas concret, ça aide beaucoup à redonner de l’intérêt à l’école. Mais c’est surtout en éducation civique qu’ils ont beaucoup appris : le fait que ce soit une sortie autogérée, c’est une manière de lutter contre le tout-consommer ; pour camper le soir sous une tente, il faut apprendre à être solidaire car il faut la monter ensemble, cohabiter à l’intérieur, mais également servir à tour de rôle pendant le repas et faire la vaisselle ; enfin, sur le trajet, si des copains sont à la traîne ou si l’un d’entre eux à un souci mécanique, l’esprit d’équipe doit agir. Et pour finir, je dirais que les enfants ont une grande fierté de montrer à leurs parents qu’ils ont été capables d’organiser une excursion de trois jours et de la mener à bien. Sans compter qu’ils seront ensuite en mesure de les entraîner sur la ViaRhôna le week-end en famille !

Quel est le programme pour ces trois jours ?

Ce matin nous sommes partis de Mornant, nous avons fait escale ici, pour découvrir la Maison du fleuve Rhône à Givors, puis cet après-midi nous allons nous arrêter à l’Ile du Beurre avant de rejoindre le camping à St Pierre de Boeuf. Demain nous allons faire un circuit VTT dans les gorges de Malleval. Jeudi, sur le chemin du retour, nous ferons une halte au musée de St Romain en Gal. Tout au long du périple, les enfants doivent travailler en groupe sur différentes thématiques : le fleuve, les photos, l’histoire, le patrimoine, l’économie etc. pour ensuite élaborer à notre retour un carnet de voyage, des affiches et des exposés pour raconter l’aventure aux parents et aux autres classes. Et le tout sera mis sur notre site Internet.

Merci pour toutes ces précisions. Je vais laisser le dernier mot aux enfants : dites-moi, entre la préparation, les kilomètres à parcourir, le camping le soir... Cette sortie de fin d’année sera fatigante et peu confortable, non ?

NON ! ça fait plus aventure, on s’en fiche du confort ! Cette sortie de fin d’année, elle nous motivait et on l’attendait !

En savoir +

Pour savoir comment s’est déroulée cette « aventure humaine » sur la ViaRhôna, rendez-vous sur le site http://cmpetitprincemornant.free.fr/ Photos, vidéos et textes vous raconteront tout en détail.

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