Pommes, poires, pêches, abricots…Tous ces fruits composent le large éventail des productions fruitières de la vallée du Rhône considérée comme le premier verger de France. La présence du fleuve apporte en effet des atouts indiscutables pour ce genre de culture. Les terrains alluviaux qui composent les sols des bassins et des vallées ont permis le développement de zones de productions intensives modernes. La culture de la cerise, emblématique de la vallée, occupe par exemple, 3 400 hectares dans le Vaucluse, 1 400 en Ardèche et plus de 1 000 dans le Rhône et le Gard (source Agreste n°127 paru le 16/05/03).
De plus, les performances de ces exploitations ont été améliorées grâce à la pratique ancienne dans la région de l’irrigation qui concerne aujourd’hui 79 000 ha de vergers (source Sea-River Avril 2002). Ce dynamisme s’appuie enfin sur la vivacité de la recherche agronomique permettant d’améliorer les variétés et les techniques culturales. Parallèlement à ces progrès, la tradition d’arboriculture semble, quant à elle, être une composante pérenne de la production fruitière.
La culture des fruits dans la vallée du Rhône oscille donc entre tradition et modernité et obtient des résultats performants à l’échelle nationale. Elle occupe par exemple le rang de leader national pour les productions de châtaigne, d’abricot, de framboise, de noix et de cerise.
Au-delà de sa dimension économique, la production de fruits appartient à l’identité culturelle de la vallée du Rhône. En effet, l’activité fruitière a été marquée par l’implication de certains chercheurs éminents de la région. Ces personnalités ont oeuvré pour l’amélioration et l’obtention de nouvelles variétés. Plusieurs espèces de fruits très connues y sont nées et portent le nom de leur découvreur désormais utilisé comme nom générique. Ainsi la « Burlat », grosse cerise rouge foncé à chair ferme, baptisée du nom de son créateur trouve son origine à Givors.
La floraison de certains évènements festifs autour du fruit symbolise également le fort ancrage territorial de ces productions. Thurins, par exemple, connu comme « la Capitale de la Framboise » organise chaque année depuis 1985 la « Journée du Fruit » qui donne l’occasion à 25 000 visiteurs de découvrir et de déguster des fruits frais ainsi que des produits dérivés, confitures, sorbets, sirops…
Dans le Nord-Isère, Bougé-Chambalud, bordée par la Drôme et la vallée du Rhône, est la première commune productrice de fruits du département. En écho à sa tradition arboricole avec une trentaine d’espèces de fruits différentes, elle ambitionne de devenir la première Cité du Fruit. Le projet porté par une association “ La Cité du Fruit ” devrait se concrétiser avec la création d’une Maison du fruit en 2007, avec la présentation, dégustation et vente de fruits régionaux (pommes, fraises, poires,…). L’initiative est soutenue dans le cadre du Contrat de Pays Rhône-Alpes - Rhône P.L.U.R.I.E.L.