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Le halage


© Maison du fleuve Rhône

De l’époque romaine à l’avènement de la vapeur (1830-1840), le halage est la seule technique de transport des marchandises par le fleuve à la remonte. D’abord grâce à la force humaine puis grâce à celle des animaux, les embarcations sont tirées depuis le chemin dit de halage à l’aide de cordages attachés au mât des bateaux.

Du XIVème siècle au XVIème siècle, pour assurer la navigation sur le Rhône, voie de circulation intense, il faut construire des bateaux. Entre 1323 et 1343, 130 à 200 navires neufs sortent des chantiers navals savoyards et parfois ce sont de gros bateaux qui, rassemblés, forment des convois de halage impressionnants, les “ viages ” ; ceux-ci transportent jusqu’à 1 000 tonnes de marchandises tractées par 800 à 900 haleurs et sont conduits par plus 150 à 200 mariniers. Une taille de convoi qui ne sera plus jamais égalée par la suite. Au cours de la seconde moitié du XVème siècle, une importante mutation arrive avec le remplacement des hommes par des équipages de chevaux, loués à la saison. Il faut 160 chevaux pour tirer un convoi de 650 tonnes. Mais ces convois gigantesques sont minoritaires, l’essentiel du trafic est assuré par de petites unités de 2 ou 3 embarcations. Ainsi en 1566, 840 bateaux sont taxés au péage de Valence, auxquels s’ajoutent des viages, soit environ 1 000 embarcations. Sur les convois de halage, on distingue le conducteur qui gère le convoi, le patron et son adjoint, le prouvier, dont la mission est de sonder la hauteur d’eau à l’avant de l’embarcation de tête (barque capitaine), le cuisinier, les mariniers et les conducteurs de chevaux. À la remonte, le convoi s’étire longuement, les ordres hurlés repris de barque en barque annonçant de loin son passage.
De nombreux obstacles (piles de ponts, confluents…) obligent le chemin de halage à passer d’une rive à l’autre. Les animaux traversent alors à l’aide de barques : les civardières.

Cette manoeuvre difficile se renouvelle plus de dix fois entre Avignon et Lyon.

En « eaux marchandes » (eaux favorables), la remonte d’Arles à Lyon dure une vingtaine de jours ; alors que le voyage de décize (descente) n’en demande que trois. Pour cette opération délicate, chaque bateau se lance isolément dans le courant en essayant de suivre le passage emprunté par la barque capitaine, la seule possédant un sondeur.
L’arrivée des bateaux à vapeur puis des trains marque le déclin des équipages qui disparaissent définitivement au début du XXè siècle.