Les moulins à nefs, dont l'origine remonte aux premiers siècles, colonisent au Moyen-Age la plupart des fleuves français et même européens.
Jusqu’à la fin du XIXème siècle, de nombreux moulins flottants sont en activité sur le Rhône et la Saône. Ils produisent notamment la farine des lyonnais. Ils sont montés sur deux bateaux de 12 mètres de long. Sur l’un, appelé la « Corte », une cabane en bois abrite les meules, et l’autre, appelé le « Forain », supporte l’extrémité de l’axe sur lequel est fixée l’énorme roue mû par le courant impétueux du fleuve. Au XVIème siècle une trentaine de moulins sont installés sur le Rhône, notamment sur la rive droite entre le bastion Saint-Clair et la rue Neuve. Ils sont encore 27 au début du XIXème siècle.
Ils se trouvent directement sur la voie de navigation et gênent le passage des bateaux. A partir de 1792, l'emplacement et les réparations des moulins à nef sont soumis à de nombreux arrêtés. Cependant ils présentent un danger pour les ponts lorsqu’ils rompent leurs amarres, provoquent de nombreux accidents avec les bateaux à vapeur, et favorisent la création des bancs de sable préjudiciables à la navigation. Aussi, le 5 mai 1835, les Ponts et Chaussées interdisent les réparations de tout moulin tombant en ruine, entraînant leur disparition progressive au cours de la première moitié du XIXème siècle. Les derniers avaient élu domicile au quai d’Herbouville. Ajoutons que les travaux de régulation du fleuve permirent de construire alors des meuneries fixes le long des digues qui disparurent avec l’avènement de l’électricité et les minoteries modernes.