Les Rhodaniens sont dans une situation ambiguë face au fleuve : ce dernier constitue à la fois une richesse et un fléau, notamment lorsqu’il déborde.
Durant des siècles, les riverains vivent avec cette contrainte soit en s’installant en limite des plus hautes eaux connues, soit en adaptant l’habitat. Bien sûr, on tente de contrer le fleuve, mais les digues érigées se révèlent bien dérisoires face à la violence des flots en crue.
Dès lors, d’autres stratégies sont utilisées : tentatives d’anticipation par la lecture des eaux, actions de solidarité avec les sauveteurs, recours à la protection divine…Si durant des siècles, l’inondation paraît acceptée comme un tribut à payer à une nature qui, par ailleurs, « le rend bien », le XIXème siècle voit un renversement de cette tendance. Les grandes crues catastrophiques de 1840 et 1856, mais également la forte extension urbaine, entraînent le refus de subir encore les caprices du fleuve. S’engagent alors des grands travaux de protection : quais, digues, exhaussement des rues permettent aux cités riveraines de se mettre à l’abri.
La régulation du débit par les aménagements a permis de diminuer les inondations de faible amplitude. Le développement économique suivant l’aménagement du fleuve a coïncidé avec une période dépourvue de crue majeure conduisant à une perte de mémoire du risque inondation. Mais les fortes crues survenues depuis les années 90 (Haut-Rhône), puis en 1993, 1994, 1996, 2002 et 2003 obligent à reconsidérer le sujet. C’est ainsi que l’un des volets du Plan Rhône adopté en mars 2006 vise à concilier la prévention des inondations et les pressions d’un développement urbain et des activités humaines en zone inondable.