Longtemps, les échanges locaux sont quasi inexistants sur le Rhône, chaque ville vivant de ses propres productions ; la plupart des marchandises transportées par le fleuve sont à destination de l’Europe du Nord. Ainsi, le commerce a lieu depuis des siècles même si quantités et types de produits varient selon l’époque.
Dès l’Antiquité, les commerçants bretons échangent de l’étain, du cuivre ou des peaux contre les productions variées de l’Orient et de la Méditerranée (ivoire, épices, étoffes…) apportées par les Massaliotes (marchands grecs de Marseille).
Bas-relief de Cabrière d'Aygues
© Maison du Fleuve Rhône
À l’époque gallo-romaine, le commerce est florissant. Parmi les denrées transportées, on trouve le vin : celui de la vallée gagne l’Italie par le fleuve puis la mer tandis que les vins italiens ou ibériques font le chemin inverse comme l’attestent des amphores retrouvées à Chalon-sur-Saône. Au Moyen-Âge, ce commerce se poursuit, mais c’est à partir du XVIIème siècle que le trafic de ce produit prend toute son importance lorsque la consommation de vin devient une pratique populaire.
Le sel, quant à lui, alimente un négoce plus constant et plus étendu car nécessaire aux hommes comme aux animaux. Le « sel blanc » méditerranéen est particulièrement recherché et dès le Haut Moyen-Âge, le Rhône est utilisé pour le transporter, la voie d’eau facilitant la collecte de la gabelle (impôt sur le sel).
Ce sont aussi le bois, par la technique du flottage, les produits de l’agriculture (grains de Bourgogne, huile de Provence) et plus tard, les produits liés à l’industrie (métaux, charbon…), parfois de provenance très lointaine, qui transitent par la vallée.