Du Moyen-Âge jusqu’à la fin du XIXème siècle, le paysage fluvial est marqué par les moulins flottants qui produisent notamment la farine des Lyonnais. En effet, la force hydraulique des cours d’eau est utilisée pour actionner les roues à aube des moulins depuis fort longtemps et l’on retrouve des traces écrites de cette pratique sur le Rhône dès 1245.
Généralement, ces minoteries prennent la forme de bateaux en bois permettant de se déplacer sur le fleuve en fonction du niveau des eaux pour réduire les trop longues périodes d’inactivité. Cependant, quand les eaux sont basses, les moulins situés au milieu du chenal navigable constituent un obstacle et provoquent des accrochages et des conflits avec les bateliers. Il n’est pas rare aussi que les vagues formées par les bateaux à vapeur, passant par-dessus bord, transforment la farine en pâte collante, ou, plus rarement, coulent certains moulins, malmenés par les secousses ainsi créées. Et quand ce ne sont pas les conflits, c’est la colère du fleuve qui cause des dommages : durant la crue de 1854, l’un des moulins les plus importants de Lyon rompt ses amarres et détruit le pont de Saint Clair, contraignant les riverains à remettre en service le bac à traille, malgré les périls que ce moyen de transport comporte.
Progressivement, grâce aux travaux d’endiguement et de régulation du fleuve, ces meuneries mobiles sont remplacées par des constructions fixes le long des digues, avant de disparaître à la fin du XIXème siècle avec l’avènement de la fée Électricité.