A travers les époques, le Rhône n’a cessé d’inspirer les musiciens natifs de ses environs et a toujours joué le rôle de propagateur d’influences musicales.
Omniprésent dans la vie des Rhodaniens, le fleuve a été célébré dans de nombreuses chansons populaires qui rendent hommage, notamment, aux productions viticoles de ses terroirs. Il a également servi de vivier de création pour les chants provençaux des tambourinaires qui composaient les cortèges des troubadours ou plus récemment pour les œuvres de certains musiciens originaires des bords du fleuve, comme Vincent d’Indy. Aujourd’hui, les musiciens se servent du Rhône lui-même pour donner naissance à de nouvelles créations. Ainsi grâce aux progrès de l’informatique, la bioacoustique permet désormais d’écouter chez soi le bruit des flots du fleuve et de tous les éléments vivants de la nature qui l’entoure.
L’autre apport du Rhône en matière musicale est la manière dont ce rail liquide a permis aux peuples qui l’empruntaient pour le commerce de partager leurs us et coutumes entre eux et avec les habitants de la vallée du Rhône. Dans les moments de détente, ces voyageurs échangeaient leurs techniques instrumentales et répertoires musicaux. Le fleuve associe donc tout au long de ses rives des traditions régionales très marquées, comme celles des rythmes gitans de la Camargue, avec des sonorités empruntées à d’autres cultures.
Cette idée du fleuve comme trait d’union entre les régions qu’il traverse a enthousiasmé le chanteur Stephan Eicher. Dans le court-métrage qu’il a réalisé sur son voyage de la source du Rhône jusqu’à Marseille, il exprime cette dimension du fleuve comme lien entre les territoires au moyen de clins d’œil malicieux comme le fait de retrouver un petit bout de la Suisse dans l’eau des glaçons des pastis marseillais !