Vous êtes vous déjà imaginé à quoi peuvent ressembler les ancêtres de nos piscines ? À des bateaux sans fond, à l’intérieur desquels les baigneurs peuvent se dévêtir et barboter sans danger dans l’espace restreint où circulent librement les eaux. Sur le Rhône, ces piscines bateaux se déplacent latéralement et, en basses eaux, une barque est nécessaire pour les atteindre au milieu du fleuve. La plupart des citadins du XIXè siècle préfèrent ainsi se baigner dans des espaces parfois simplement délimités par des pontons flottants.
La natation fait également partie des épreuves au cours desquelles s’affrontent les sauveteurs, les mariniers et les pêcheurs (comme les joutes nautiques et les courses marinières).
Mais en réalité bien des riverains ne savent pas réellement nager, ils apprennent seulement à traverser d’une rive à l’autre en se laissant porter par le courant. Cet apprentissage requiert une bonne connaissance des pièges du fleuve mais s’avère essentiel, le Rhône est dangereux avec de nombreux remous et il est indispensable pour ces « gens de l’eau » de savoir se débrouiller en cas de chute inopinée dans ses eaux. En général, les jeunes apprennent à nager « sur le tas », par eux-mêmes, en se jetant dans le Rhône ou dans l’une de ses lônes.
Dès lors, traverser le Rhône à la nage constitue le rituel par lequel les jeunes garçons doivent passer pour entrer dans le groupe des jeunes gens.