Une vingtaine de pêcheurs professionnels exercent encore aujourd’hui leur profession sur le Rhône. La pêche fluviale est un vrai métier, dont le passé est glorieux jusqu’en 1945.
Elle fait vivre à l’époque des familles entières, la demande en poissons d’eau douce étant très élevée. Des bateaux viviers sont installés pour commercialiser des poissons vivants, issus de la pisciculture pratiquée dans les étangs des Dombes principalement.
Depuis 1980, face à l’évolution des comportements alimentaires notamment, les pêcheurs ont presque tous disparu. Aujourd’hui à Lyon, le dernier bateau vivier, installé sur la rive gauche du fleuve, vient de cesser son activité, mais il a été repris par un pêcheur professionnel qui pratique son activité au cœur même de la ville. Avec l’émergence des zones de loisirs, la navigation, le travail est devenu difficile, et les résultats sont aléatoires : le pêcheur ne peut plus se garantir une production minimale régulière.
Mais ces quelques hommes, passionnés, savent maintenir des pratiques traditionnelles comme le lancer de l’épervier, la pêche à la nasse anguillère…
Chaque territoire a bien sa pêche, celle du Rhône varie selon si l’on se trouve sur le Rhône amont, aval ou sur le delta. En amont, le Rhône est le principal producteur de salmonidés et de hotus. En descendant vers le delta, les pêcheurs recherchent davantage les grands migrateurs (alose, muge, anguille), et le sandre. Quant aux lacs alpins, ils connaissent également leurs propres techniques de pêche, ainsi que leurs espèces spécifiques (perche, lavaret…).
Enfin, la pêche professionnelle obéit aussi à un rythme saisonnier : carnassiers et poissons blancs seront pêchés sur le Rhône à partir du printemps ainsi que l’hiver, l’été étant consacré à la friture. Les lacs alpins sont exploités de février à octobre pour les salmonidés, les perches étant recherchées en été et automne.