Deux raisons principales expliquent l’importance du fleuve dans les domaines de la peinture et de la sculpture.
La première tient d’abord à la richesse des paysages de la vallée du Rhône. Le mélange des éléments rocheux et aquatiques crée une impression bigarrée de formes et de couleurs dans lesquelles l’œil et le pinceau des peintres aiment à se perdre. Quant à la sculpture, elle prend toute sa dimension d’art de l’extérieur, magnifiée par les lieux et la lumière qui l’environnent. Pour de nombreux artistes, la rencontre avec la région bordant le Rhône a souvent été un coup de foudre et celle-ci est devenue un nouveau « pays » d’adoption. Ainsi Van Gogh peint en 1888 son tableau intitulé La nuit étoilée sur le Rhône, à la lueur des bougies qu’il a dressées sur son chapeau, son chevalet planté au bord du fleuve.
La deuxième cause du succès de la région au niveau artistique réside dans sa position géographique de carrefour de l’Europe. Cette place de choix érige la vallée du Rhône comme lieu de passage obligé pour des artistes en tout genre venus et venant des quatre coins du continent. La ville d’Avignon cristallise ce brassage d’influence. De grands peintres italiens tels que Matteo Giovanni et Simone Martini y ont côtoyé les sculpteurs Jean de Tours et l’Anglais Hugh Wilfred.
Ce foyer cosmopolite donne naissance en peinture à une première « Ecole d’Avignon » qui développe une vision nouvelle de la nature. Ce rayonnement artistique a irradié toute la vallée du Rhône et participe encore aujourd’hui à la renommée culturelle du fleuve.