Les anciennes civilisations polythéistes (vénérant plusieurs dieux) sont nombreuses à utiliser les taureaux comme sacrifices pour attirer la clémence des dieux et plus particulièrement pour arrêter la force destructrice des fleuves en crue. Cette pratique remonte semble-t-il à la haute Antiquité.
Ainsi, dans le chant XXI de l’Iliade, Achille lance à l’un de ses adversaires en fuite : « il ne vous sera d’aucun secours, ce fleuve au beau cours, aux tourbillons d’argent, lui à qui vous avez déjà sacrifié de nombreux taureaux… ».
Le taureau est longtemps l’objet des sacrifices expiatoires des cultes de Mithra et de Cybèle importés d’Orient et parvenus jusque dans la Vallée du Rhône grâce aux marchands et aux soldats : ainsi, plusieurs vestiges d’autels tauroboliques (Le Pouzin, Valence ou Lyon) témoignent de ces rites antiques.
Mais le taureau est également une divinité celte, vénérée quasi-exclusivement en Gaule : le Taurus Trigaranus. Ce dieu puissant est représenté sous la forme d’un taureau tricornu portant une corne sur sa tête et deux autres sur son dos.
Durant le Moyen Âge, à Lyon, lors de la célébration de la fête des Merveilles, en mémoire des martyres chrétiens dont les cendres furent jetées au fleuve pendant le règne de Marc Aurèle (empereur romain), des taureaux sont précipités dans la Saône avant d’être mangés pendant les festins qui suivent la cérémonie.
Aujourd’hui, le taureau reste un symbole important de la Vallée du Rhône et plus précisément de la Camargue.