Le Rhône, apparente barrière naturelle, constitue depuis longtemps un territoire librement parcouru par les hommes vivant sur ses berges. De part et d’autre du cours d’eau, on se connaît, on se fréquente, et, dans certains cas, on échange biens et marchandises.
Cet espace forme donc un véritable trait d’union entre les rives et leurs habitants. La traversée devient alors un enjeu économique, social et culturel car elle permet le développement des échanges au-delà du fleuve.
Mais sur le Rhône, du fait de ses caractéristiques physiques, la mise en œuvre d’une telle entreprise nécessite toute la persévérance de ses riverains. La reconstruction incessante des « trois ponts historiques » (Avignon, Lyon et Pont-Saint-Esprit), sans cesse ébranlés par les crues, témoigne de ces difficultés. L’homme doit ruser avec le fleuve pour parvenir à le franchir : passage en barque, pont de bateaux, bacs. Peu à peu, les hommes réussissent à mettre au point des techniques permettant de joindre les deux rives, notamment en détournant la force du fleuve à leur profit.
Ainsi, des ponts romains jusqu’aux ponts actuels, le franchissement du fleuve constitue un formidable moteur d’évolution et de progrès technique ; il participe également de manière déterminante à l’histoire des villes et des villages riverains.