Les pêcheurs font partie des premiers exploitants du fleuve : depuis toujours les hommes pêchent pour se nourrir, mais la pratique de cette activité requiert des techniques et des savoir-faire multiples. La pêche peut être en quelque sorte dynamique ou statique, dynamique lorsqu’on utilise des bateaux pour se déplacer sur le fleuve et aussi pour conserver le poisson au frais, statique quand des aménagements sont réalisés pour capturer des poissons directement dans la rivière sans y être en permanence.
Ainsi, les hommes ont vite appris à se servir du cours d’eau et de ses caractéristiques physiques pour obtenir le plus de poissons possible tout en faisant moins d’effort et en ne perdant pas de temps. Cette technique consiste à barrer le cours du fleuve dans ses passages les plus étroits ou sous les arches de ponts, à l’aide d’installations fixes ou mobiles. Dans certains cas, ce sont des barrages de pieux et de pierres qui canalisent les poissons et les dirigent vers les nasses. Dans d’autres ce sont de grands filets qui sont déployés au travers de la rivière et qui récoltent les prises.
Cependant ce type de pêche est plutôt incompatible avec la navigation créant des conflits d’intérêts. Il est en revanche possible d’établir un roulement : les postes de pêche fonctionnent seulement la nuit, une fois que les bateaux sont arrêtés, contraignant leurs propriétaires à retirer toutes les installations au matin, à la reprise du trafic.
Enfin, on peut mentionner les postes de pêche aménagés par les pêcheurs amateurs et surtout les pirates qui creusent sous la berge des postes qui seront occupés par des poissons tels que les brochets. Il ne suffit plus ensuite que de prospecter chacun d’entre eux avec une foëne pour prélever celui qui a élu domicile à cette place (technique, bien sûr, formellement interdite).