Les marchands massaliotes (marchands grecs de Marseille vivant entre les VIème et Ier siècles avant J.C.) sont les premiers à développer un véritable commerce de marchandises transportées via le Rhône. Évitant le chemin du détroit de Gibraltar, trop long et concurrencé par les Carthaginois, ils remontent le courant à la voile, à l’aviron ou en halant leurs embarcations. Ils rejoignent ainsi les cours de la Loire, de la Seine ou du Rhin, aux embouchures desquels ils rencontrent les marchands britanniques et armoricains.
Ce trafic florissant rend considérable l’importance de l’axe rhodanien au début de l’ère chrétienne, laquelle ne fait que se renforcer durant la période romaine. Ainsi, Arles devient l’un des ports majeurs du Rhône, à la fois escale maritime et fluviale. C’est là que débute le voyage des marchandises transbordées des navires de mer aux barques du fleuve.
À Lyon, les produits prennent les directions les plus variées par eau ou par route (Genève, Dijon, le bassin de la Loire, du Rhin ou de la Seine…).
Cette activité intense réclame la présence d’un personnel considérable : constructeurs de bateaux, mariniers, haleurs, percepteurs de l’impôt à la circulation.
Toutes ces professions sont regroupées au sein de différentes corporations qui montrent bien par leur grand nombre l’importance de l’axe rhodanien : les Nautes à la fois mariniers, armateurs, commerçants…, les Utriculaires navigant sur les zones de faible profondeur à l’aide de barques ou de radeaux supportés par des outres ou encore les marchands de vins (Negotiatores vinarii).