Longtemps le Rhône sert de limite naturelle entre les pouvoirs politiques, notamment entre les deux puissances de l’époque féodale que sont le Saint Empire romain germanique (rive gauche) et le Royaume de France (rive droite). Cette organisation du territoire reste vivace des siècles plus tard, par le biais des mariniers qui conservent dans leur vocabulaire les termes d’Empi et de Riaume pour désigner les rives du Rhône.
Le cours d’eau constitue à la fois une défense contre les attaques d’éventuels envahisseurs en protégeant les contrées qui le bordent et représente également une voie majeure de pénétration du continent européen depuis la Méditerranée.
Ceci s’explique par deux facteurs principaux. Tout d’abord, les autres cours d’eau se jetant dans cette mer ne disposent ni du débit suffisant, ni de la navigabilité nécessaire pour devenir de tels axes de conquête et d’expansion territoriale. Ensuite, l’orientation nord-sud de la vallée forme, avec la Saône, une ligne de communication vers les riches pays du Nord et de l’Ouest en reliant tous les bassins voisins (Loire, Seine, Rhin) par des voies aisément franchissables.
Enfin, c’est en partie grâce à la présence du fleuve que des villes comme Arles, Avignon ou Vienne se sont développées, profitant de leur atout géographique à la croisée du Rhône et des axes de communication terrestres ou maritimes, nationaux ou internationaux.