Aujourd’hui disparue, la charpenterie batelière voit ses origines remonter à la préhistoire. Les membres de cette corporation sont appelés taquiers ou fûtiers. Au XIIIème siècle, époque de grande prospérité du commerce et du trafic fluvial, les navires sont construits directement dans les chantiers savoyards profitant de la proximité forestière ou dans les arsenaux d’Arles, de Condrieu et de Marseille où les planches de construction sont acheminées par flottage.
Sur le Rhône, plusieurs types de bateaux existent selon les usages, le lieu de construction et l’époque : Savoyardes, Seysselandes (fabriquées à Seyssel), Sapines (en bois de sapin), Allèges d’Arles… Le principe constant de ces embarcations est l’adaptabilité au cours irrégulier du fleuve, à ses crues importantes et à ses basses eaux périodiques. Elles sont donc de dimension relativement réduite, à fond plat et disposent d’une proue (partie avant du bateau) relevée afin d’offrir le moins de prise possible au courant. Les différents bateaux, d’une durée de vie réduite et parfois utilisés pour une seule décize, sont construits sans plans, uniquement par expérience et respect des techniques acquises pendant l’apprentissage.
Le matériel de ces hommes essentiels à la navigation fluviale jusqu’au milieu du XIXème siècle (les coques en métal apparaissent en 1833) est fort simple : herminette, scie et compas de charpentier appelé « sauterelle » constituent leur principal outillage. Le Musée de Chalon a recueilli de nombreux instruments de charpentier de bateaux, précieux souvenirs de cette corporation aujourd’hui oubliée.