Les premières décisions d’amélioration du chenal navigable provoquent rapidement une intense activité de recherche technique pour trouver le meilleur moyen de naviguer sur ce fleuve certes difficile, mais que l’on espère corriger.
Dès la fin du XIXè siècle, la technique du touage, utilisée avec succès sur la Seine ou la Meuse, fait donc l’objet d’études sérieuses pour son adaptation au Rhône. Son avantage principal réside dans une consommation énergétique faible, bien que l’établissement des câbles coûte cher et surtout dans sa capacité à remonter des courants forts. Il fonctionne selon un système de traction mécanique qui, par son action sur une chaîne reposant au fond du fleuve, propulse le bateau vers l’avant.
Sur le Rhône, le touage est employé sur les parties où le courant trop important empêche les remorqueurs de passer du fait de leurs machines moins puissantes. Entre ces sections d’une quinzaine de kilomètres, ce sont ces derniers qui prennent le relais (d’où le terme de « touage à relais ») car cette nouvelle technique ne peut être appliquée de manière générale sur le fleuve.
En effet, la mobilité du lit et les crues fréquentes risquent d’endommager ou de recouvrir les câbles. Ainsi, ces bateaux remorquent le convoi à l’aide d’un treuil sur lequel le câble, dont la longueur est égale à celle de la section parcourue, est enroulé à la remonte et déroulé à la descente.
La première zone du Rhône qui utilise ce système est celle située entre Tournon et Pont-Saint-Esprit où se trouvent les plus grandes difficultés de navigation.