Port St Louis Salin Giraud
© Compagnie Nationale du Rhône
Axe majeur qui relie l’Europe du Nord à la Méditerranée, le Rhône a servi dès la Préhistoire de voie d’échanges. Produits alimentaires et matériaux y transitent.
Pendant la période gallo-romaine, le trafic commercial du fleuve prospère. À l’époque, le transport fluvial est moins onéreux et plus sûr, bien que de toute manière risqué, que le transport par voie de terre. À chaque point de partage des eaux ou secteur non navigable, les hommes déchargent les marchandises sur des chariots. Il est probable que le Rhône ait été le fleuve le plus fréquenté de l’Empire romain, le Nil excepté.
Au Moyen-Âge, 80% des échanges se font par voie d’eau. Le Rhône et ses affluents occupent une place privilégiée dans le commerce des métaux, du bois des étoffes et des céréales.
Le milieu du XIXème siècle voit s’amorcer le bras de fer entre fleuve et chemin de fer. Si l’eau sort grandie de cet affrontement, c’est grâce au plan du Baron Freycinet qui vise à encourager le développement de l’industrie lourde française, en améliorant les conditions de transport de matières premières. Cette mesure engendre un double bouleversement du transit par les fleuves. L’amélioration du réseau fluvial tout d’abord, grâce à la réalisation de 468 km de nouvelles voies navigables et la modernisation de 2 453 autres. L’autre évolution concerne la mécanisation des bateaux eux-mêmes.
Dans la seconde partie du XXème siècle, le fleuve passe de nouveau sur le devant de la scène. Alors que les voies navigables sont négligées au niveau national, le Rhône se démarque par ses projets de canalisation. Ces aménagements donnent un coup de fouet aux transports fluviaux en ouvrant le Rhône à la navigation à grand gabarit sur plus de 300 km de Lyon à la mer.