Les premières plattes ou bateaux-lavoirs apparaissent à Lyon en 1810. Leur nombre ira croissant jusqu’en 1860, époque où les plattes froides deviennent des plattes chaudes grâce à l’avènement de la chaudière. En 1890, on compte 110 plattes sur le Rhône et la Saône, un chiffre qui tombe à 40 en 1920, puis à 14 en 1936. Cela s’explique par l’arrivée dès 1902 des premiers robinets sur les éviers et la création des grandes blanchisseries, à Craponne notamment. A bord de ces plattes, véritables lieux de vie, toute une famille de “plattiers” s’affairait. Le patron, avec à ses côtés un garcon de platte, vendait du charbon mais aussi du vin, du saucisson, des bonbons. Les “plattières” avec leurs brouettes étaient chargées d’aller chercher ou livrer le linge à domicile.
C’est une platte qui a accueilli la morgue de Lyon. Aménagée de façon provisoire en 1841, elle a perduré jusqu’à la construction d’une nouvelle à la fin du XIXème siècle.